L'intelligence artificielle est déjà dans nos amphis, nos labos et nos salles des professeurs. La vraie question : comment garder la main ?
L'IA générative est déjà entrée dans l'enseignement supérieur et la recherche au Sénégal — étudiants, enseignants, laboratoires. Le débat sur l'adoption est donc dépassé : ce qui se joue maintenant, c'est la qualité du raisonnement, l'intégrité des travaux et la confiance du public. L'article propose de cesser de chercher « le meilleur outil » pour raisonner par tâche, par type de données et par exigence de sourçage, puis de traiter le risque central — les hallucinations — par l'ancrage documentaire et la vérification humaine. Sur l'usage étudiant, il défend la traçabilité plutôt que l'interdiction.
À retenir
- L'adoption est déjà là et les politiques publiques suivent : formation annoncée de 105 000 enseignants, ateliers et charte en préparation à l'UCAD, initiatives locales comme Karibu ou l'assistant vocal en wolof AWA.
- Choisir l'outil selon la tâche : plus une tâche repose sur des faits — chiffres, droit, références — plus le sourçage doit être strict et le contrôle humain rigoureux.
- Les hallucinations sont structurelles, pas accidentelles : le modèle prédit des mots plausibles, et une réponse fausse est énoncée avec exactement la même assurance qu'une réponse exacte.
- Le risque est aggravé localement : les corpus dominants sont surtout occidentaux et la production documentaire sénégalaise reste peu numérisée — d'où l'intérêt de se constituer une bibliothèque locale (context engineering).
- Protection des données : aucune donnée sensible — copies d'élèves, données de bénéficiaires, pièces de clients — ne doit être saisie dans un outil public.
L'IA est autorisée, l'opacité ne l'est pas.
Sur l'encadrement de l'usage étudiant : déclaration d'usage, journal des prompts et entretien oral, plutôt que des détecteurs peu fiables.